lundi 30 janvier 2012

Nicolas Sarkozy renforce encore l'austérité

Au lieu d'utiliser les dernières semaines de son mandat pour organiser une relance coordonnée de l'activité en Europe, Nicolas Sarkozy renforce encore l'austérité avec une hausse de la TVA, explique Guillaume Duval dans sa chronique pour Radio Nova.
Ce matin vous voulez revenir sur l'intervention du chef de l'Etat qui s'est exprimé sur huit chaînes de télévision hier soir. Et je parie que vous n'êtes pas tombé sous le charme…
Non en effet. Non pas que je sous-estime la gravité des problèmes auxquels le pays est confronté. Avec 4,9 millions d'inscrits à Pôle emploi, bientôt 5, la situation sur ce front-là n'a jamais été aussi grave depuis l'après-guerre. La désindustrialisation progresse à grands pas et le risque de voir le pays devenir un grand parc de loisirs se concrétise à vitesse grand V. Les déficits extérieurs se creusent année après année avec des points forts de nos exportations de moins en moins nombreux et de plus en plus menacés. Les intérêts de la dette publique sont devenus le premier poste de dépenses de l'Etat, avant même l'éducation, et le niveau de l'endettement est tel que la France ne figure plus parmi les pays dont la dette est considérée comme la plus sûre… Il ne fait donc aucun doute que la situation du pays est inquiétante et nécessite de profondes réformes.
C'est bien ce que dit Nicolas Sarkozy et il agit en conséquence.
Non pas vraiment. Tout d'abord, il se trompe sur les causes de nos difficultés immédiates et les mesures qu'il veut mettre en œuvre vont les aggraver au lieu de les améliorer. En dégradant la note de la France, Standard & Poor's avait souligné à juste titre combien les politiques d'austérité excessives et généralisées étaient nuisibles à l'économie française et européenne et compliquaient l'assainissement budgétaire au lieu de le faciliter. Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) et ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, vient elle aussi de tirer fortement la sonnette d'alarme à ce sujet. Mais au lieu d'utiliser les dernières semaines de son mandat pour corriger le tir et tenter d'organiser une relance coordonnée de l'activité en Europe, Nicolas Sarkozy veut au contraire en rajouter une louche dans l'austérité avec une hausse de la TVA qui va étouffer la consommation et des accords d'entreprise qui vont faciliter le chantage des employeurs et obliger les salariés à travailler plus pour gagner moins… Il est vraiment à côté de la plaque.
Peut-être qu'il se trompe, mais en tout cas il décide et il agit jusqu'au dernier moment…
C'est le deuxième point que je voulais aborder, celui de la méthode : elle est aussi mauvaise que le contenu des réformes annoncées. Pour redresser notre pays, nous n'avons absolument pas besoin d'un saltimbanque qui improvise de grandes réformes en une semaine afin de pouvoir faire un show à la télé qui fera des records d'audience. Quitte à cliver un peu plus encore la société française, faute d'avoir pris le temps de négocier et d'écouter les uns et les autres. Pour redresser un pays, il n'y a pas d'autres solutions que de réussir à mobiliser l'ensemble de ses forces vives en dégageant patiemment des consensus larges afin que les gens surmontent leurs réflexes conditionnés et leurs clivages habituels. Les pays qui y parviennent sont en général des pays qui ont de fortes traditions de négociation sociale avec des corps intermédiaires puissants et respectés par l'Etat. Autrement dit, c'est tout le contraire de la France de l'hyperprésident Sarkozy où c'est le grand chef qui, seul, est censé faire bouger les choses. Résultat : au final, il n'arrive à rien parce qu'il confond systématiquement agitation et action…

Guillaume Duval
Article Web - 30 janvier 2012

dimanche 29 janvier 2012

Edith Gueugneau candidate




Avec son suppléant C.BONNOT
À l’occasion de la cérémonie des vœux du maire de Mont, sa commune de résidence, Édith Gueugneau a rapidement, à la demande des élus, précisé qu’elle sera effectivement candidate de gauche dans la deuxième circonscription. Déjà en juillet 2011, Arnaud Montebourg le lui avait demandé, mais elle avait préféré se consacrer à la communauté de communes et à la Région. Cette fois, c’est un vote des militants qui a eu lieu et elle a fini par accepter. Avec un objectif : « Protéger et développer le milieu rural ». Pas question pour autant d’abandonner la communauté de communes. « Je resterai une élue de terrain. Je ne suis pas carriériste. J’essaye d’être utile à mon territoire »


dimanche 15 janvier 2012

« La vie est une aventure audacieuse ou elle n’est rien », Hellen Keller. C’est la phrase que j’ai retenue pour agrémenter mes cartes de vœux 2012


AVENTURE AUDACIEUSE, complétez avec AUTREMENT et vous obtenez un triple A, une bonne cote sur l’échelle des valeurs humaines.
Je souhaite pour chacun une année plus humaine et, ainsi, ce sera une bonne année 2012.
Replacer la vie au centre de toute action publique est devenu une impérieuse nécessité après cette année 2011.
Derrière les chiffres record du chômage des milliers de vies tourmentées…
Derrière les difficultés d’accès aux soins voici des vies humaines fragilisées… Derrière le retrait des services publics, dans l’éducation en particulier, la perspective de vies moins riches et moins épanouies…
Il faut bien que cela cesse !
C’est le sens de ces élans de démocratie voulus par les peuples. Je pense en particulier à ce qu’on a appelé le « printemps arabe » où les peuples se sont soulevés pour balayer les tyrans qui les oppressaient.
Je pense ensuite à cet élan inédit qu’a constitué l’organisation des primaires où le peuple de gauche s’est massivement mobilisé pour s’emparer d’un nouvel espace de démocratie.
C’est enfin la votation citoyenne où 28 000 de nos concitoyens se sont saisis de ce mode d’expression pour réfuter le projet de péages sur  la RCEA.
C’est cette capacité à dire NON qui fait la grandeur d’un peuple.
En 2012 encore, on tentera de jouer sur les peurs pour que le peuple perde confiance et se résigne, car c’est d’un peuple résigné que certains entendent pouvoir disposer pour imposer leur triple A : Austérité, Abandon, Angoisse.
Il nous  faudra, en 2012,  plus que jamais et en confiance, conserver cette capacité à dire NON, affirmer qu’il est possible de conduire l’action publique autrement. C’est en tout cas la voix que porte le Conseil Général fédérateur, solide et toujours davantage solidaire des Saône et Loiriens.

Tous mes vœux les plus sincères de santé et de bonheur  vous accompagnent à l’aube de cette nouvelle année.   
                                                                                                                                                                                                                           


          Christian BONNOT
Conseiller Général
du Canton de CHAROLLES

dimanche 1 janvier 2012

FRANÇOIS HOLLANDE : « La droite a une vision obscurantiste de l’école » Le candidat du PS expose sa vision de l’Éducation nationale. Entretien.


Charlie Hebdo: Votre annonce fracassante du rétablissement des postes supprimés depuis 2007 laisse les enseignants sceptiques. Beaucoup n’y croient que modérément, en cette période de crise…
François Hollande: Depuis 2002, environ 100000 postes ont été supprimés — et pas seulement d’enseignants, mais aussi de personnels de l’éducation, de surveillants… Je propose d’en rétablir 60000 sur cinq ans. Soit 12000 par an. Ça représente 500 millions d’euros par an, soit 2 milliards et demi à la fin du mandat. 500 millions d’euros, c’est le coût du bouclier fiscal. 2 milliards et demi, c’est moins que ce que Nicolas Sarkozy a proposé pour créer 30000 places de prison, qui coûteront 3 milliards d’euros en investissement et 1 milliard d’euros en fonctionnement. Donc, ce qui m’a surpris, ce n’est pas que ma proposition soit critiquée, mais qu’on ne m’ait pas reproché de n’en créer que 12000 par an. Parce que, rien que le rétablissement de l’année de formation, réclamé par tous les candidats à gauche, ça représente à peu près 16000 postes. N’en créer que 12000 ferait qu’on ne pourrait même pas rétablir l’année de formation dès l’année prochaine! Donc, j’ai trouvé que ma proposition, compte tenu des marges budgétaires qui sont très limitées, 
était en définitive extrêmement réaliste et prudente.
 Quelle doit être la nouvelle ambition scolaire de la République? La IIIe République, c’était l’alphabétisation, la IVe, mettre tous les gosses au collège, Giscard, ça a été l’université…
La première ambition, c’est qu’aucun élève ne puisse sortir du système scolaire sans diplômes ou sans qualification. Aujourd’hui, il y en a 150000. Il faut qu’on se donne cet objectif, et le plus tôt sera le mieux. Quant aux élèves déscolarisés, qui n’ont pas envie de retourner à l’école, il faut qu’entre 16 et 18 ans — puisque l’obligation scolaire s’arrête à 16 ans — chaque jeune soit dans un lycée, ou en apprentissage, ou en formation, ou dans un emploi. On pourrait proposer un service civique à tout jeune de 16 à 18 ans qui n’aurait pas d’autre solution.
L’autre ambition, la plus élevée, c’est que 50% d’une classe d’âge puisse être diplômée de l’enseignement supérieur — c’est d’ailleurs l’objectif qui nous est fixé par les normes des pays les plus développés. Il y a une régression depuis vingt ans de la place des enfants d’ouvriers et d’employés dans l’université.
Comment comptez-vous lutter contre les inégalités sociales et territoriales ?
La suppression de la carte scolaire a aggravé les ghettoïsations… En fait, se sont échappés des établissements «faibles» ou «difficiles» uniquement ceux qui avaient les appuis ou qui pouvaient espérer, par les bons résultats de leurs enfants, être accueillis dans un autre établissement. Pour les autres, on a aggravé le phénomène de relégation. Il faudra sans doute songer à une nouvelle carte scolaire, plus large, pour que la mixité puisse s’organiser sur une zone plus vaste, et que beaucoup plus de moyens soient mis dans les établissements en difficulté. Pas seulement des enseignants, mais aussi des moyens d’accompagnement, de surveillance, de détection des difficultés.
Les profs, des fonctionnaires pas comme les autres
Les nouveaux moyens viendront de la Région, de l’État?
Il faut partager. Moi-même, dans mon propre département, j’ai mis une tablette numérique iPad à disposition de tous les élèves de collège. Tous. C’est une façon de participer à une innovation pédagogique et de lutter contre les inégalités, en aidant des familles qui n’ont pas les moyens d’acquérir ce matériel. Quand je vois que les Hauts-de-Seine distribuent un ou deux iPad par collège, et que moi, qui ai hérité du département le plus endetté de France, je fais distribuer un iPad par collégien, je me dis que quand on veut on peut. Un certain nombre d’initiatives peuvent être prises par les collectivités locales. Mais en même temps il ne faut pas leur demander de se substituer à l’État pour le recrutement du personnel.

Trois cent soixante-seize postes n’ont pas été pourvus au Capes de maths, c’est proprement hallucinant.
Il y a trois raisons à cela. La première, c’est que les filières scientifiques attirent moins que par le passé. Et là, nous en sommes tous responsables. La deuxième raison, c’est que, pour ces métiers qui utilisent les sciences, être prof n’est pas la meilleure façon de gagner sa vie. Quand on fait bac +5, bac +6, on peut passer un diplôme d’ingénieur plus facilement qu’un Capes et obtenir une rémunération plus élevée. La troisième raison, c’est que les étudiants ne vont plus vers le métier d’enseignant. Pourquoi aller commencer un Master, qui doit normalement conduire à la préparation d’un concours, quand on n’est même pas sûr qu’il y aura des postes? Et il y a une désaffection par rapport au métier. Un jeune prof recruté avec un salaire de 1500 ou 1600 euros en début de carrière gagnera 2000 euros au bout de dix ans. Son premier poste d’affectation sera en région parisienne. Sans formation préalable et avec les classes les plus difficiles. Franchement, pourquoi aller se mettre dans cette complication? Surtout à un moment où il est dit qu’il pourrait y avoir des recrutements latéraux et que les chefs d’établissement pourraient eux-mêmes constituer leurs équipes pédagogiques…

Comment expliquez-vous le désarroi actuel du corps enseignant?
Par une déconsidération. Sous la Ve République, au-delà des clivages gauche-droite, il y avait une confiance dans l’école. Au-delà de tout ce qui pouvait opposer le pouvoir et les enseignants, et parfois les étudiants, il y avait la même adhésion à l’idée que c’était par l’école que la réussite individuelle et collective était possible. Et puis, il y a une dizaine d’années, l’école est apparue comme coûtant cher, échouant dans sa mission, incapable de régler les questions de société, qui n’étaient pourtant pas de sa responsabilité, et les profs ont été regardés non plus comme des agents jouant un rôle particulier dans la fonction publique, mais comme des fonctionnaires comme les autres. Aujourd’hui, un fonctionnaire sur deux n’est pas remplacé, on a même été jusqu’à supprimer la formation des enseignants, comme pour leur dire qu’ils n’exerçaient pas un vrai métier, qu’on n’avait peut-être même pas besoin d’enseignants devant les classes, que ça pouvait se faire par d’autres moyens: logiciels, cours privés, accompagnement scolaire… Pour moi, c’est de l’obscurantisme.
Résultat, l’école française permet aujourd’hui à seulement la moitié d’une génération de s’en sortir. Et à une fraction de cette génération de s’en sortir dans l’excellence, via les classes prépa, les grandes écoles. Quant à l’autre moitié, les 50% qui restent, ils sont renvoyés à leur destin. Pas de chance pour eux! C’est ne rien comprendre à ce que sont les besoins de l’économie! Pour avoir de la croissance, à moyen ou long terme, il faut au contraire qualifier ceux qui ne le sont pas. Car ceux qui ont les atouts les plus grands, par leur famille ou leurs résultats scolaires, de toute façon, iront vers les systèmes les plus sélectifs. Ce n’est pas simplement un gâchis pour l’école elle-même, mais un gâchis pour la nation.

Vous parlez de la nation. Comment ne pas laisser cette notion à la droite?
Il ne faut lui laisser ni la nation, ni la république. Ni même le côté patriotique — qui, pour Charlie, est quelque chose d’un peu plus sensible. La patrie, selon Jaurès, c’était la patrie qui s’offrait en modèle, qui était conquérante non pas en territoires, mais en idées. La nation n’est pas du tout une nostalgie, c’est au contraire un levier, un rêve à porter. Un rêve inscrit dans l’histoire de la république, qui fait que, de génération en génération, il y avait une élévation, une promotion, une volonté de donner à ses enfants ce qu’on n’avait pas eu soi-même. Nous, quand nous avions 20 ou 30 ans, on posait la question de la liberté par rapport à ce qui était vécu comme des contraintes: l’autorité, la hiérarchie, voire la sexualité. Et cette liberté, nous l’avons conquise. Même l’égalité des droits — je ne parle pas de l’égalité des situations —, elle est là. En revanche, je pense qu’une partie de la génération qui arrive réclame la dignité et la fierté, parce qu’elle a le sentiment qu’elle est déclassée, sacrifiée, reléguée.

Propos recueillis par Sylvie Coma et Bernard Maris
Entretien publié dans Charlie n°1009 du 19 octobre 2011 

jeudi 22 décembre 2011

Les 35 heures ne sont pas coupables

Accusées de tous les maux par le gouvernement, les 35 heures affichent pourtant un bilan plutôt positif : elles n'ont pas alourdi les coûts salariaux des entreprises ni pénalisé la productivité des salariés, ont créé des emplois, même si leur mise en œuvre a pesé sur les finances publiques.
Le débat sur les 35 heures n'a jamais cessé. Mais il rebondit, sous l'impulsion des plus hautes autorités de l'Etat. Ainsi, le président de l'Assemblée nationale, dans l'introduction au Rapport de la mission d'information publié le 9 novembre sur « La compétitivité de l'économie française et le financement de la protection sociale », écrit que « le choc des trente-cinq heures, concomitant du décrochage français, [a été] facteur de désorganisation du tissu industriel comme de pénibilité au travail(…). » Le 28 octobre dernier, le chef de l'Etat, sur France 2, en parlait comme d'une « catastrophe sociale et [d'] une catastrophe économique », les accusant implicitement d'être à l'origine des délocalisations, de la désindustrialisation et même d'une« pression sur les salaires ». Passons sur le fait que l'argumentaire présidentiel paraît contradictoire : soit les 35 heures ont incité certaines entreprises à délocaliser en raison des hausses du coût salarial horaire qu'elles ont provoquées, soit elles ont abouti à faire pression sur les salaires, mais il n'est pas très logique de les accuser des deux maux à la fois. Dans ce procès, examinons plutôt les faits. C'est ce que je me propose de faire ici, à partir des données existantes, principalement celles de la comptabilité nationale, qui a le mérite de présenter une vue d'ensemble.
Le partage de la valeur ajoutée
Il convient de la mesurer « nette », c'est-à-dire après déduction des impôts, des éventuelles subventions d'exploitation et de la « consommation de capital fixe » (l'amortissement économique correspondant à l'usure effective et à l'obsolescence des équipements), de manière à ne retenir que ce qui est partageable entre le travail et le capital. Pour l'ensemble des sociétés non financières, en 1997, avant que la décision de passer aux 35 heures soit prise, le partage de cette valeur ajoutée est le suivant : 20,6 % vont au capital (excédent d'exploitation) et 79,4 % au travail salarié. En 2002, année où la loi est devenue obligatoire pour toutes les entreprises de plus de 20 salariés, le partage passe à 19,6 % et 80,4 %, soit un transfert d'un point de valeur ajoutée nette du capital au travail, soit 6 milliards de l'époque (environ 7 milliards en euros de fin 2011). Incontestablement, la loi sur les 35 heures a donc provoqué une augmentation relative du coût salarial, de l'ordre de 450 euros par salarié et par an. Mais cette augmentation a été transitoire et, dès 2007, la situation antérieure est rétablie, voire un peu améliorée pour les sociétés non financières : 21,1 % pour le capital, 78,9 % pour les salariés. Dans l'ensemble, les 35 heures sont donc digérées sur le plan des coûts salariaux. Cette digestion s'est-elle faite au détriment de l'emploi ?
L'évolution de l'emploi salarié
Ce dernier, dans les sociétés non financières, est passé (en équivalent temps plein) de 11,5 millions (1997) à 13,5 (2003), puis a continué ensuite à progresser plus lentement pour atteindre 14 millions en 2007. Même s'il n'est évidemment pas question d'attribuer aux 35 heures toute cette progression, la croissance économique ayant sans doute joué le rôle essentiel [1], la RTT a aussi participé à l'amélioration conjoncturelle, en renforçant la baisse du chômage. Toutefois, dans l'industrie, principale branche exposée à la concurrence étrangère (tant pour le marché intérieur qu'à l'exportation), les effectifs n'ont pas augmenté de la même manière : faible progression entre 1997 et 2001 (passant de 3,92 millions en 1997 à 3,96 millions en 2001, toujours en équivalent temps plein), puis déclinant ensuite assez rapidement (3,54 millions en 2007 [2] soit une perte de plus de 420 000 emplois). Cette baisse d'effectifs dans l'industrie est-elle imputable aux 35 heures ? On peut en douter, car, au cours des années précédentes, sur le même laps de temps (soit de 1991 à 1997), le nombre d'emplois dans l'industrie était passé de 4,4 millions à 3,92, soit une diminution relative (– 11 %) similaire à celle observée dix ans plus tard, entre 2001 et 2007 (– 12 %). Certes, aucune « loi » n'impose que les effectifs fondent ainsi mécaniquement dans l'industrie. Mais il s'agit seulement de souligner que cette fonte n'a pas été plus rapide au cours des années 2000 qu'elle ne l'avait été au cours des années 1990, et que les 35 heures ne l'ont pas accélérée : elles ont même eu le mérite de stopper l'hémorragie d'emplois industriels durant quelques années. La désindustrialisation – si telle est bien l'explication de cette baisse des effectifs – n'est pas née avec les 35 heures : le pire que l'on puisse dire à leur propos est qu'elles ont maintenu une tendance à la désindustrialisation qui leur préexistait.
L'évolution de la productivité
Toutefois, même cette explication ne semble pas très convaincante. Car la valeur ajoutée des branches industrielles (mesurée « brute », donc sans retirer la consommation de capital fixe, qui n'est pas disponible par branche), a progressé de 25 % entre 1997 et 2007 (en volume, c'est-à-dire après déduction de la hausse des prix à la production). Puisque, pendant cette même période, l'emploi (en équivalent temps plein) a diminué de 10 %, la productivité par tête a donc progressé de 39 %, soit au rythme annuel moyen de 3,3 %. Au cours des dix années précédentes (1987-1997), la progression de la valeur ajoutée brute (toujours en volume) avait été un peu moindre (+ 22 %), et les gains de productivité par salarié avaient été de 40 %. On ne constate donc pas de différence sur ce point entre la période 1987-1997 et la période postérieure à 1997 : dans les deux cas, les gains de productivité par tête l'ont emporté sur la progression de la valeur ajoutée, ce qui a provoqué des destructions d'emplois. En revanche, ce qui est important, c'est que la productivité horaire a augmenté nettement plus rapidement à la suite des 35 heures que cela n'avait été le cas au cours de la décennie précédente. En effet, comme la durée annuelle du travail par salarié a reculé de 6,5 % entre 1997 et 2007, contre un recul de 1 % entre 1987 et 1997, la productivité horaire a progressé de 48 % durant la dernière période, contre 40 % durant la décennie précédente. Il est assez remarquable de constater que, sur ce point, l'intégralité ou presque de la réduction de la durée du travail a été compensée par un surcroît de productivité horaire : les 3,54 millions de travailleurs de l'industrie de 2007 ont, malgré les 35 heures (ou peut-être grâce aux 35 heures, aux réorganisations et à la moindre fatigue qu'elles ont provoquée) produit en moyenne 69 000 euros de valeur ajoutée industrielle par tête en 2007, contre 50 000 (en euros constants) dix ans auparavant (+ 38 %). Et contre 37 000 vingt ans auparavant, soit + 39 % de progression entre 1987 et 1997. Les entreprises industrielles, dans l'ensemble, ont réussi à effacer les 6,5 % de baisse effective du temps travaillé.
L'évolution de l'excédent brut d'exploitation (EBE)
Cet EBE mesure la valeur ajoutée que conserve le capital. Cet excédent ne doit pas être confondu avec le profit, puisqu'il doit permettre de couvrir les charges que sont notamment les intérêts des emprunts et le renouvellement des équipements. Son évolution montre si la situation financière des entreprises industrielles s'améliore ou se dégrade. Entre 1987 et 1997, l'EBE a progressé en valeur de 25 %, Durant la décennie suivant, la progression de l'EBE a été de 18 %. Il n'y a donc pas eu dégradation, mais simplement ralentissement. Ce dernier ne doit rien à la progression des salaires, au contraire : la masse totale des rémunérations, cotisations sociales incluses, a nettement plus progressé entre 1987 et 1997 (+ 29 %) qu'au cours de la décennie suivante (+ 16 %). C'est plutôt la compression des marges, du fait de la concurrence accrue, qui est à mettre en cause : alors que les prix à la production progressaient de 7 % dans l'industrie entre 1987 et 1997, ils ont diminué de 7 % durant la décennie suivante. Les 35 heures – dans l'industrie – n'ont pas modifié le partage travail/capital, quasiment demeuré stable sur l'ensemble de la période, puisque le total des rémunérations a progressé à peu près au même rythme que l'excédent brut d'exploitation (alors que les premières progressaient un plus vite que le second durant la période 1987-1997). Ce ne sont pas les 35 heures qui ont affaibli l'industrie française, puisqu'elles ont été compensées par des gains de productivité plus rapides, mais la concurrence, qui a contraint à diminuer les prix de vente unitaires pour faire face à la mondialisation.
L'évolution du Smic
Le Smic est un salaire horaire. Si l'on ne voulait pas que la réduction de la durée légale du travail entraîne une baisse proportionnelle du salaire mensuel des salariés payés au Smic, ou à un niveau proche, il fallait donc augmenter le Smic horaire. Ce fut d'abord au moyen d'une machinerie complexe – les « garanties mensuelles de rémunération » –, puis, en 2005, enfin, par une hausse du Smic. Ce dernier est donc passé (en brut) de 6,01 € de l'heure en 1997 à 8,44 € en 2007. Soit + 40 %, se décomposant de la façon suivante : + 17 % pour compenser la hausse des prix, + 11 % pour compenser la diminution de la durée légale du travail, et + 8 % correspondant à la hausse du pouvoir d'achat du salaire horaire brut moyen des ouvriers durant cette période (puisque le Smic est indexé sur moitié de cette progression, majorée de temps à autre par des « coups de pouce » gouvernementaux dont la finalité est que le pouvoir d'achat du Smic progresse à peu près comme celui des ouvriers payés davantage que le Smic). Seule cette dernière composante a donc constitué une progression de pouvoir d'achat. Etait-ce raisonnable ? Du point de vue patronal, sans doute non, puisque cela revenait à payer 8 % de plus des salariés travaillant 11 % de moins. Mais du point de vue des salariés concernés, ne pas assurer à ces derniers une progression de pouvoir d'achat au moins égale à celle des ouvriers aurait abouti à leur faire payer la note des 35 heures. La solution a donc consisté à réduire sensiblement les cotisations sociales patronales. Le dispositif existait déjà depuis 1993, et avait été modifié à plusieurs reprises. Début 1998, un salarié payé au Smic permettait à son employeur de bénéficier d'une réduction correspondant à 18 % du salaire brut, et cet allègement diminuait progressivement jusqu'à s'annuler à hauteur de 1,3 fois le Smic. Martine Aubry élargit sensiblement le dispositif, portant l'allègement à 26 % (du Smic brut), avec une dégressivité annulant l'allègement à 1,7 fois le Smic, mais pour les seules entreprises ayant passé un accord de RTT agréé. En 2003, le gouvernement Raffarin étendit cet allègement à toutes les entreprises (y compris les moins de 20 salariés, qui, alors, avaient la possibilité de n'appliquer les 35 heures qu'au terme d'un délai supplémentaire de deux ans), puis le porta à 28 % du Smic brut en faveur des petites entreprises. Si bien que, en 2007, les allègements de cotisations sociales patronales représentaient un coût de 20,5 milliards d'euros, supporté par les finances publiques, dont un peu moins de la moitié (9,3 milliards) résultaient de dispositions antérieurs aux 35 heures[3]. On peut estimer aujourd'hui le coût spécifique des 35 heures à une douzaine de milliards. Ce chiffre est à rapprocher du surcoût salarial engendré pour les entreprises du fait de la hausse du Smic destinée à compenser la réduction du temps de travail, et qui est estimé à 14 milliards. Autrement dit, pour les entreprises, la hausse du Smic a été neutralisée à peu près entièrement, mais par le biais d'une socialisation qui pèse désormais lourdement sur les finances publiques[4]. En d'autres termes, le surcoût du Smic n'est pas supporté par les entreprises (qui ne peuvent donc s'en plaindre), mais par les contribuables. In fine, cela peut peser sur l'économie, mais proportionnellement pas davantage que la suppression de la taxe professionnelle (coût : 12 milliards), la détaxation des heures supplémentaires (coût : 4,5 milliards), la baisse de la TVA sur la restauration (coût : 3 milliards) ou la réforme de l'ISF (coût : 1,6 milliard). Curieusement, au moins du côté de la majorité, ce sont les 35 heures qui sont accusées de creuser le trou du déficit public, pas les autres mesures pourtant aussi budgétivores.
Au total, pour l'ensemble de l'économie comme pour les branches industrielles, il faut arrêter de faire des 35 heures le bouc émissaire de nos difficultés. Elles ont incontestablement suscité des difficultés. Mais surtout dans la fonction publique où, à l'exception du monde enseignant, elles ont été accordées sans aucune contrepartie, comme une mesure sociale, le blocage des embauches étant supposé amener les services à effectuer des gains de productivité, alors que cela a débouché sur une dégradation du service public, notamment (mais pas seulement) à l'hôpital. Pour en revenir aux entreprises, certes, les données quantitatives utilisées sont globales, et il est bien possible que certaines entreprises aient souffert des 35 heures,  mais cela signifie alors que d'autres en ont bénéficié, puisque, dans l'ensemble, on ne voit guère d'effets négatifs. Dans les branches industrielles comme dans le reste de l'économie privée, les 35 heures ont été « digérées » par des gains de productivité et un recul (limité et transitoire) de la part du capital dans l'ensemble de la valeur ajoutée. Et aujourd'hui, la crise a fait bien plus reculer cette dernière que les 35 heures ne l'ont jamais fait. La conclusion est limpide : si l'on veut améliorer le sort des entreprises, de l'emploi et de l'économie en général, sortir de la crise est bien plus important que supprimer les 35 heures, qui ne sont plus un handicap, si tant est qu'elles en aient jamais été un.

Denis Clerc
Article Web - 07 décembre 2011
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 NOTES
  • (1) L'Insee attribue aux 35 heures un effet net positif de 350 000 emplois. Voir dans Economie et statistique n° 376-377 (juin 2005) l'article d'Alain Gubian, Stéphane Jugnot, Frédéric Lerais et Vladimir Passeron, « Les effets de la RTT sur l'emploi : des estimations ex ante aux évaluations ex post ». Mais ce chiffre n'inclut pas les effets indirects, liés notamment à la forte reprise de la demande issue de la diminution sensible du chômage.
  • (2) Auxquels il conviendrait d'ajouter 300 000 emplois intérimaires dans l'industrie, chiffre en très légère baisse sur la période 2001-2007.
  • (3) Ce qui n'empêche pas certains de tout mettre la note sur le dos des 35 heures.
  • (4) L'un des objectifs de la suppression de la durée légale hebdomadaire du temps de travail au bénéfice d'une fixation par branche ou par entreprise, qui fait partie du programme de l'UMP, est d'ailleurs de supprimer cette réduction. Le surcoût qui en résulterait pour les entreprises serait reporté sur les consommateurs par le biais d'une TVA sociale, qui réduirait d'autant le montant des cotisations sociales acquittées par les entreprises. Le problème, néanmoins, est que l'actuel allègement de cotisations sociales bénéficie aux employeurs seulement jusqu'à 1,7 fois le Smic, alors que le basculement des cotisations sociales vers une TVZ sociale bénéficierait à tous les employeurs dans des proportions similaires.

mercredi 21 décembre 2011

«Aujourd’hui, le seul candidat qui défend les ouvriers, c’est François Hollande»


«François Hollande s’est engagé à renouer avec le patriotisme industriel. C’est à dire favoriser  les créations d’entreprises industrielles chez nous. C’est le principe selon lequel il est plus juste socialement, il est plus juste environnemental de produire ici ce que l’on achète ici» a rappelé le porte parole. «C’est en rupture totale du tout concurrentiel qui est la politique de la droite qui se traduit par la mise en œuvre d’un traité qui installera l’austérité». 
«Nicolas Sarkozy a laissé à l’abandon les ouvriers français. Ceux qui s’engagent que la retraite à 60 soit un droit, ce sont les socialistes. Ceux qui s’engagent à créer de l’emploi par la remise en cause de la défiscalisation des heures supplémentaires ce sont les socialistes. Ceux qui s’engagent à créer des dizaines milliers d’emplois grâce à une politique d’orientation de l’épargne et des financements publics vers le secteur industriel ce sont les socialistes et c’est François Hollande» a réaffirmé Benoît Hamon. 

50 arguments pour le droit à une vraie retraite à 60 ans pour tous


Sinon, c’est le chômage qui va gagner 1. L’âge de la retraite recule ? le chômage avance. 2. Il n’y aura pas de recul du chômage de masse record   (5 millions) sans réduction du temps de travail. 35 h légales vers 32 h,   44 h au lieu de 48 maxima, 1600 h par an maxi , 60 ans. 3. C’est un non-sens d’allonger les durées de   cotisations (ou de faire faire des heures supplémentaires) quand on a 5   millions de chômeurs. 4. Pourquoi avoir réduit hier a durée du travail sur la   semaine à 35 h si c’est pour l’allonger sur la vie alors que le nombre   de chômeurs est encore plus élevé ? 5. L’autre seul résultat c’est que ceux qui ne seront   pas en retraite à 60 ans seront inscrits au chômage plus longtemps. Qui   gagne à cela ? 6. 2 salariés sur 3 sont au chômage, licenciés, inaptes, malades, à partir  de 55 ans. Et cela va en agumentant. Les jeunes seront aussi pénalisés 7. Il y a 25 % de chômeurs parmi les jeunes actifs,   pourquoi pousser à ce que les "seniors" travaillent plus, s’il y a une   priorité cela doit être pour les jeunes, priorité à la jeunesse ! 8. 3 jeunes sur 4 ne trouvent un boulot en CDI qu’à partir de 29 ans. 41 annuités, pour eux, c’est la retraite à 70 ans assurée. 9. Ceux qui commencent à travailler "tôt" vers 16, 17, 18 ans sont 1 ou 2 jeunes sur 8. 10. Et même ceux qui commencent à travailler tôt ont des   périodes de chômage, de précarité, de temps partiels qui ne sont pas   prises en compte à 100 % dans les annuités. Un salarié qui a travaillé   toute l’année peut avoir moins de 4 trimestres validés si sa   rémunération est faible. Ce n’est pas la durée de travail dans l’année   qui détermine le nombre de trimestres validés mais le montant des   salaires soumis à cotisations retraite. Beaucoup ne parviendront pas à   avoir suffisamment de trimestres validés à l’âge de 60 ans, ni   probablement d’ailleurs à 62. Puisqu’il faut percevoir un salaire de   1772  brut pour valider un trimestre. Ce qui veut dire qu’un temps   partiel au SMIC travaillant 4 trimestres à l’année n’en valide que 3 ! Ainsi, les gens n’ayant pas fait d’études auront le "droit" à la double peine
 Contrats précaires et petits salaires dans leur vie active
 Retraites amputées à 67 ans Pensons aux caissières d’hypermarchés. Mais qui les   avertit et qui se soucie d’elles ? Le calcul de la retraite imposé par   Balladur sur les « 25 meilleures années » est ségrégationniste contre   les jeunes et pauvres. C’est la santé des gens qui est danger 11. L’espérance de vie "en bonne santé" selon l’INSEE   est de 63 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes (59 ans pour   les ouvriers, 69 ans pour les cadres). Et ce qui est grave , toujours   selon l’INSEE, en France, l’espérance de vie en bonne santé pour les   hommes a baissé de 2007 à 2008, de 63 à 62,4 ans. 12. Entre 55 et 60 ans, 2 maladies sur 3 sont liées au travail, entre 60 et 65 ans, 3 maladies sur 4 sont liées au travail. 13. La biologie du corps humain n’a pas changé entre 55   et 65 ans. TOUS les métiers sont pénibles. Physiquement et mentalement.   Vous voyez un vieil instituteur de 62 ans devant ses élèves ? Un   chauffeur-livreur à 59 ans ? Une femme de service de nettoyage à 61   ans ? Un cadre stressé de 60 ans en compétition avec des « jeunes »   cadres ? Et un ouvrier du bâtiment de 55 ans devant son marteau   piqueur ? 14. La principale maladie professionnelle à 85 %, ce   sont les TMS, (troubles musculo-squelettiques) ils augmentent de 18 %   par an depuis l’an 2000. 15. Dix millions de salariés sur 24 ont des métiers   pénibles physiquement (horaires atypiques = 5 millions, dont 2,3 de   nuit ; port de charges divers  = 5 millions) et les autres subissent une   pénibilité mentale de plus en plus forte (burn out, suicides,   harcèlement, stress, troubles psychosociaux, précarité...). 16. Mais ce ne sont plus les "coups de grisou" qui tuent   comme il y a un siècle : ce sont les accidents cardiaques et   vasculaires. 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents   vasculaires : entre 1/3 et 50 % sont liés au travail. alors que les prévisions démographiques sont contredites par la réalité 17. Les prédictions de ceux qui disaient qu’on ne peut   payer les retraites pour des raisons démographiques sont toutes tombées à   l’eau : ils prévoyaient 350 000 naissances par an à partir de 2000, on a   eu 850 000 enfants par an depuis l’an 2000. 18 : Il y a un « pic » de retraités entre aujourd’hui et   2036. Ensuite ça retombera jusqu’en 2060 où cela remontera. Il suffit   d’ajuster le taux des cotisations en fonction des variations année par   année. 19 : L’ajustement des cotisations sociales retraites   peut se faire en temps réel, d’un an sur l’autre, selon les variations   démographiques, directement de ceux qui travaillent à ceux qui sont en   retraite. Pas besoin de « placer » de l’argent en courant tous les   risques dans des fonds de pension aléatoires que les spéculateurs   dilapideront dans les îles Caïman. La durée de cotisation réelle moyenne devrait être la référence 20. Celui qui prétend allonger la durée de cotisations   est impuissant à agir sur le réel : actuellement elle recule depuis 10   ans en pratique vers 36 et vers 35 annuités. Aucune des promesses   patronales d’aller à l’inverse pour les « seniors »  n’est entrée en   pratique. 21. Prétendre imposer — sur le papier — 41 ou 42   annuités, le SEUL résultat, puisque la moyenne des salariés ne peut   cotiser que 36 ou 35 annuités, c’est 6 ou 7 ans de décote. Comment   admettre d’allonger des annuités qui ne seront jamais effectuées et donc   baisser les plus petites retraites ? 22. Reculer l’âge de départ en retraite à pour seul   effet pratique de baisser le niveau des retraites réintroduisant la   misère chez les vieux. 23. Il faut prendre comme référence le nombre d’années   réellement cotisées dans la vie réelle et non pas l’allongement   aléatoire de l’espérance de vie. 24. Par exemple, si la moyenne réelle des annuités   cotisées dans la vie réelle des salariés est de 35 annuités, la   référence retenue pour une retraite à taux plein doit être de 35, si   elle est de 36 cela doit être 36, si elle monte à 37, cela doit être   37... 25. Mais mettre un objectif inatteignable à 41 ou 42   annuités, c’est faire sauter les gens à la perche sans perche, le seul   résultat actuel est qu’ils ont une retraite plus basse et non pas qu’ils   travaillent plus. 26. Depuis 8 ans il n’y a AUCUNE raison "nouvelle" de   repousser l’âge réel de la retraite. Aucun effet d’entraînement dans   l’emploi des seniors. Les salariés cotisent MOINS longtemps en moyenne !   36 annuités seulement ! Pour sortir de la crise, il ne faut pas baisser   salaires et retraites mais les augmenter ! 27. Raison de plus pour ne pas prendre l’espérance de   vie comme référence, c’est trop aléatoire : l’espérance de vie régresse   aux États-Unis depuis plusieurs années, elle régresse aussi depuis trois   ans en Allemagne. Travailler plus longtemps vous mourrez plus tôt. Des conditions bien plus dures que dans le reste de l’Europe 28. En Allemagne, en Italie, en Espagne, c’est 35   annuités pourquoi 41 ou 42 ici ? Sarkozy a fait la pire réforme contre   le droit à la retraite de toute l’Europe. 29. En Allemagne, la droite veut fixer les départs à 67   ans, mais en 2029... c’est remis en cause par les syndicats qui   l’avaient, hélas, signé parce qu’actuellement, la moyenne des départs   est toujours autour de 58 ans... 30. En Grande-Bretagne, ils annoncent 68 ans... en   2048 ! Ici, en France, Sarkozy a imposé 67 ans pour le taux plein en   2018, c’est-à-dire demain ! Il faut abroger la loi Sarkozy-Woerth. 31. En Allemagne, ce n’est pas du tout pareil qu’en   France, parce que nous, on vit un "boom" démographique depuis l’an 2000,   2,04 enfants par femme, en Allemagne c’est 1,4 enfant par femme. Un projet politique pour tous 32. 60 ans c’est un DROIT ce n’est pas une obligation !   Mais encore faut-il que ce DROIT soit pour tous ! " d’ordre public   social ". 60 ans c’est une référence pour tous, un objectif réaliste,   contrôlable, clair TOUS ENSEMBLE. 33. 100 000 hommes et 50 000 femmes meurent entre 60 et 62 ans. Avec 41 ou 42 annuités, ils mourront sans un seul jour,   une seule semaine, un seul mois de retraite après avoir cotisé toute   leur vie. 34. La "retraite à la carte" c’est le slogan du Medef :   pour complexifier le système et le rendre illisible, pour qu’il n’y ait   plus d’ordre public social, que les salariés ne soient plus solidaires.   C’est comme la durée du travail "a la carte", le SMIC à la carte... La   règle ne sera plus fixée en raison des besoins humains généraux mais au   cas par cas en raison des exigences de la productivité. 35. 60 ans c’est déjà trop : on doit exiger la retraite à   55 ans dans le bâtiment et dans tous les métiers TRES pénibles. Pas au   cas par cas individualisé en triant les humains comme des bestiaux, mais   de façon régulière par une convention collective. 36. Aucune raison de vivre moins bien que nos parents :   gardons des retraites à 60 ans, 35 annuités, à 75 % du salaire calculé   sur 10 meilleures années, indexées sur les salaires (ce que proposait   encore Lionel Jospin en juin 1997) 37. Sinon on subit la double facture : travailler plus   longtemps après 60 ans et gagner moins, une majorité de gauche ne peut   aller dans ce sens = austérité = récession = crise aggravée = chômage. Respecter la démocratie à tous les niveaux 38. Démocratie ! Le seul vote de congrès - unanime - du   PS qui a eu lieu c’était à Dijon 2003 pour le droit a la retraite à 60   ans à taux plein. Respectons-le. 39. C’est François Hollande lui-même qui avait fait   voter le congrès du PS unanime de mai 2003 pour la retraite à 60 ans à   taux plein ! 40. Démocratie, débat dans le PS et dans toute la   gauche, tous les syndicats : branle-bas de combat pour la défense des   retraites à 60 ans pour tous. 60 ans c’est majoritaire et dans la gauche   politique et dans les syndicats : pour qui on dirige ? Pour le peuple   ou pour le AAA ? 41. De toute façon, il y a un risque de ne pas gagner en   2012 si la gauche se trouve en porte-à-faux avec 75 % de l’opinion et   les 8 millions de manifestants de 2010 (rien ne s’oublie) qui veulent   abroger la loi scélérate Sarkozy-Woerth de pillage de nos retraites : il   va falloir s’en rendre compte. 42. Oui, il faut écouter les 8 millions de manifestants   et 75 % de l’opinion, il faut que François écoute, dialogue, défende la   retraite à 60 ans. 43. On votera bien sur François Hollande pour battre   Sarkozy, mais nous luttons légitimement avec une majorité de la gauche   pour qu’il respecte le rétablissement de l’âge légal de départ à 60 ans. Des richesses, il y en a ! 44. La "dette" a bon dos pour justifier qu’on ne peut   payer les retraites ni hausser les salaires. Elle est la conséquence de   choix réalisés par Sarkozy qui veut nous la faire payer. En France, on   n’a pas un problème de dette mais de recettes. 45. Ne pas céder au chantage des officines de droite qui   s’auto intitulent "agences de notation". Ils ne proposent jamais de   faire payer les riches mais de baisser les salaires et retraites des   plus modestes 46. Ne pas céder au chantage des fonds de pension qui   veulent siphonner les retraites. Ne jamais les croire, ne jamais leur   confier un seul sou de nos retraites : ils vous prendront tout et ils   vous voleront tout, le dilapideront dans les caves à « subprimes » et   autres paradis fiscaux des Bahamas. 47. La France a 87 % de dette/PIB à cause de Sarkozy qui   a vidé la « cagnotte publique » de Lionel Jospin, et remplit les   « cagnottes privées » en faisant 24 points de dettes en plus en cinq ans   (de 63 à 87/PIB). Mais la France avait 290 % de dette/PIB en 1945 et   pourtant elle a mis en place les retraites à ce moment-là. 48. La France est 2,5 fois plus riche qu’en 1982 quand la retraite à 60 ans a enfin été mise en place. 49. Salaires et cotisations sociales sont trop bas   depuis + de 20 ans, la France n’a jamais été aussi riche, elle peut   payer les retraites à 60 ans. Il faut hausser le coût du travail et   baisser celui du capital. 50. Le COR l’a expliqué et démontré : avec 0,35 %   seulement d’augmentation des cotisations sociales par an d’ici 2036, les   retraites à 60 ans (35 annuités, 75 %, 10 ans, > au Smic, indexées   sur salaires) sont garanties et payées. Conclusion : Convainquons, battons-nous, nous sommes la majorité non   seulement de la gauche, du salariat, mais du pays tout entier. Qu’on   n’ait pas convaincu Sarkozy ce n’est pas une surprise, hélas, vu le   personnage et sa politique 100 % réactionnaire, mais ce n’est pas   tolérable, il n’a pas écouté le peuple. Lui, il est pour la retraite à   70 ans et 45 h sans gain de salaire. Mais François Hollande est candidat   et socialiste, lui, il peut et doit entendre davantage. Gérard Filoche le 15 décembre 2011 PS : La gauche socialiste toute entière combat pour le respect du droit à la retraite à 60 ans :
 En mai 2003 nous avions fait voter la retraite à 60 ans à taux plein,
 En juillet 2006 nous avions fait écarter "la retraite à la carte",
 en   janvier 2010 fait ré affirmer la retraite à 60 ans.  Depuis nous avons empêché que soient votées les 41,5 annuités, elles ne   le sont toujours pas officiellement, certains dirigeants pratiquent par   coups de force tellement il y a de résistances dans la base du parti !   Alors c’est "renvoyé à la négociation avec les syndicats" :   Donc s’il vous plait faites tous et toutes le boulot, argumentez,   argumentez, argumentez comme en 2010, dans TOUS les syndicats aussi pour   que la position finale soit correcte !